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Restauration

Les Restaurants

AUBERGE CANARD – M. MALLET 91, rue des Roches, Buthiers Tél : 01 64 24 11 79 Facebook : Auberge Canard Buthiers

LES ROCHES GOURMANDES – M. VARNEY et Mme MONTGAULT 33, rue de L’Église, Buthiers Tél : 01 64 24 02 93 Email : lesrochesgourmandes77@yahoo.fr Site internet : www.lesrochesgourmandes.fr

Les deux restaurants de la commune viennent de changer de gérants. C’est l’occasion d’évoquer le passé de ces deux institutions de Buthiers.
A l’origine de l’Auberge Canard, il y a monsieur Jacques Canard… Cela paraît évident ; pourtant, peu de gens s’en souviennent ! Il était né en 1855 à Ménétreuil (près de Louhans – Saône et Loire). En 1883, à la naissance de sa fille Henriette, il habite Paris –rue des Canettes, dans le sixième arrondissement : ça ne s’invente pas ! On ignore sa profession d’alors, ainsi que la raison de son arrivée à Buthiers, dans les premières années du XX° siècle (absent lors du recensement de 1900, il figure sur celui de 1904). Henriette se marie à Buthiers en 1915 ; sur l’acte de mariage, son père est qualifié de « cabaretier ». Les cartes postales anciennes permettent de retracer l’évolution de ce qui n’est encore qu’une buvette très rustique, à la Robinson Crusoé, au pied des roches : tandis que sur la première photo, prise en 1900 ou 1901, cet établissement –qui se situerait tout à fait à droite- ne semble pas encore construit, il figure sur la photo n°2, prise vers 1905/1910 : c’est alors la « Taverne du Rocher », voisine de la « Chaumière des Roches », qui disparaîtra rapidement.

Canard 2

Photo n° 2

C’est aussi une vraie chaumière, sur une structure en bois. Derrière ce bâtiment, on aperçoit la petite maison en dur, son habitation. Et, devant l’entrée de son établissement, fièrement campé, le torchon sur le bras, on peut voir le père Canard , le « cabaretier » -ainsi qu’il est désigné dans les actes d’état-civil…Cette buvette est très fréquentée par les promeneurs du dimanche, venus boire une bière ou un rafraîchissement ; elle attire aussi les groupes en goguette, ou les noces en promenade. Il propose aussi une petite restauration, à l’intention des campeurs et varappeurs : les roches de Buthiers ont très tôt attiré les Parisiens. Il est aidé dans sa tâche par sa fille Henriette ; dans les années 30, M. Foussard, de Roncevaux, et sa fille Lucette (Mme Rousseau) viennent en renfort le dimanche. Celle-ci se rappelle encore de la barbichette du père Canard : c’était un personnage ! C’est lui aussi qui entretient le petit chemin à travers les marais, accès direct à son établissement depuis la gare de Malesherbes… Dans les années 1920 (photo n°3), la chaumière conserve son chaume, mais a maintenant de vrais murs en briques.

Canard 3

Photo n°3

La fenêtre de droite était déjà visible sur la photo n°1 (elle sert aujourd’hui de passe-plat…).

Canard 1

Photo n°1

Le père Canard décède le 9 juillet 1940 à Buthiers ; il a 85 ans. L’acte de décès mentionne sa profession de « cabaretier », il est donc encore en activité. Il rejoint sans doute son épouse, Louise Bouchot, décédée en mai 1929, dans la tombe située derrière l’église, contre le mur : mais, étrangement, ne figure sur cette tombe que le nom de l’épouse (photo n°4) : Henriette, leur fille, qui continue l’activité de la buvette, n’a-t-elle pas les moyens de faire inscrire son nom … ou bien, en ces jours dramatiques, procède-t-elle à une rapide inhumation ?

Canard 4

Photo n°4

Peu après, M. et Mme Denis vont reprendre l’établissement, et l’exploiter pendant pendant trente ans ; c’est toujours une modeste buvette, organisant parfois des vins d’honneur. Ils font construire le bâtiment en pierre, à droite de l’auberge (servant aujourd’hui de gîte à la Base) –voir photo n°5.

Canard 5

Photo n°5

Mais ils sont expropriés en 1971 par le « District de la Région Parisienne » -future région Ile-de-France- qui acquiert au même moment les 135 hectares de bois de la famille Saïller afin de créer la Base de Loisirs. La photo n° 6 montre l’auberge vers 1970/75 : elle est encore désignée au dos « Auberge des Roches ».

Canard 6

Photo n°6

Après une période d’inactivité, l’établissement est confié à Mme Chanclud, salariée de la Base ; puis, en juillet 1982, grâce à une « convention d’occupation du domaine public » (et donc, en tant que locataires de la Base), Evelyne et Jean-Luc Forget reprennent l’établissement qui devient un restaurant apprécié, sous le nom d’ « Auberge Canard ». L’heure de la retraite vient pour eux de sonner, et la Base a confié l’auberge à M. Yannick Mallet, habitant Roncevaux, fils de cafetier, à qui nous souhaitons une longue carrière au pied des roches.

Avant le restaurant « Les Roches Gourmandes », il y a eu l’épicerie de Buthiers… Le bâtiment lui-même date vraisemblablement du dernier quart du XIX° siècle, la rue de l’Eglise ayant été « redressée » sous le Second Empire (auparavant, on montait par la rue des Larris) –photo n°7.

Les Roches Gourmandes 7

Photo n°7

En 1891, Honoré Huché est recensé comme « marchand de vin » ; cinq ans plus tard, c’est son gendre Eugène Grison ; en 1901 et 1906, Eugène Grison est toujours marchand de vin, et sans doute aussi cultivateur ; c’est son épouse Isaline (née Huché) qui est déclarée « épicière ».–photo n°8.

Les Riches Gourmandes 8

Photo n°8

L’entrée actuelle du restaurant constitue la boutique, et à droite se trouve la salle du café. Ce commerce est repris vers 1930 par Louis Lucas et son épouse Léontine, tous deux originaires de Haute-Vienne ; il est aussi cordonnier (une enseigne en forme de botte est alors suspendue devant l’entrée). Comme dans toutes les épiceries de campagne, on peut y acheter tout le nécessaire de la vie courante : alimentation, droguerie, quincaillerie, mercerie… A leur retraite, vers 1960, ils cèdent ce commerce à M. et Mme Le Gal ; quelques années plus tard, ceux-ci le vendent à un couple de restaurateurs originaires du Sud-Ouest, M. et Mme Cot, qui commencent d’importants travaux et en font la « Taverne Béarnaise » . Celle-ci connaît des problèmes, est liquidée vers 1975, et reprise par M. et Mme Emile Bellais qui créent « Les Roches Gourmandes », restaurant très réputé pendant plusieurs décennies au niveau régional. Ils construisent une grande salle à l’arrière, pouvant recevoir des repas de mariage. Ils cèdent le tout vers 2005 à M. Armand Moulet, industriel à Malesherbes, qui y place plusieurs gérants successifs ; puis le fonds est cédé à Mme Martine Néron, laquelle vient elle-même de le céder à M. Guillaume Varney et Mme Marilyn Montgault , à qui nous souhaitons la bienvenue et un plein succès à Buthiers.

 



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